L’Association des Journalistes pour la Transparence dans les Ressources Extractives et la Préservation de l’Environnement (AJTREPE) a effectué une visite sur le site de l’entreprise Eramet Grande Côte, à Diogo et dans ses environs. Le président, Youssouf Bodian, est revenu sur l’importance de ce type d’activités pour mieux informer.
« C’est une association qui regroupe une quarantaine de journalistes travaillant dans les médias nationaux et internationaux, avec pour préoccupation de traiter les questions liées aux ressources extractives, mais aussi à la préservation de l’environnement », a-t-il expliqué. Bodian a précisé que l’AJTREPE se concentre sur des objectifs bien définis :
« Nous avons deux objectifs principaux : d’abord, renforcer les capacités de nos membres sur ces problématiques. Ensuite, leur permettre de faire du terrain et de produire des contenus de qualité. D’où l’importance de l’activité qui nous amène aujourd’hui dans les locaux d’Eramet Grande Côte, une initiative de transparence réussie à mon sens. »
Face aux spéculations et autres fausses informations, le président de l’AJTREPE préconise des mécanismes pour garantir une information vérifiée :« Quand il y a une difficulté d’accès à l’information, cela crée souvent ce qu’on appelle la désinformation. Car lorsqu’on a l’impression que des choses sont cachées, cela nourrit les suspicions et les perceptions. Ici, l’entreprise nous a réaffirmé son ouverture. Cette activité est peut-être une première prise de contact. Étant donné l’agenda chargé, ceux qui souhaitent réaliser des productions plus poussées ne pourront pas le faire immédiatement. Mais le directeur général nous a assuré qu’ils sont ouverts à recevoir les journalistes pour approfondir, quel que soit l’angle choisi. »
Selon Youssouf Bodian, cette visite permettra aux journalistes de mieux relayer les informations :
« Nous avons vu la production, mais aussi les aspects socio-économiques et environnementaux. Il y a plusieurs angles que chacun peut développer dans ses travaux. »
Il a ajouté que l’approche de l’entreprise permet également d’approfondir les recherches pour obtenir des informations vérifiées :
« Les membres de l’association peuvent préparer leur script de reportage, le soumettre à la communication d’Eramet et revenir pour un travail plus approfondi afin de permettre aux Sénégalais de savoir ce qui se passe. L’article 25 de la Constitution stipule que les ressources naturelles appartiennent aux populations. Et nous, journalistes, sommes l’interface entre ceux qui exploitent, l’État et les populations. Nous devons donc être au fait des réalités pour produire des contenus de qualité. »
Après la visite du site minier, les journalistes se sont également rendus dans les communautés locales. M. Bodian est revenu sur cette démarche :
« C’est très important. Et ce qui est à saluer, c’est que nous avons eu la liberté de choisir nos interlocuteurs. Habituellement, ce sont les entreprises qui sélectionnent les personnes qui s’expriment. Là, les journalistes ont pu parler à qui ils voulaient. C’est essentiel que les communautés impactées puissent s’exprimer, partager leurs problèmes mais aussi ce qui fonctionne. Nous avons entendu des habitants dire que leur vie avait changé, qu’ils étaient passés d’une situation A à une situation B. Bien sûr, il reste des choses à améliorer, mais cela mérite d’être souligné. Cette approche nous permet de mieux comprendre et chaque membre de l’association pourra désormais trouver un angle de traitement pour revenir, dans les semaines ou mois à venir, et réaliser un travail plus approfondi. »
Le président de l’AJTREPE s’est également félicité de l’approche sociale et environnementale. « Nous ne sommes pas des spécialistes, mais nous avons vu des efforts. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la réhabilitation des sites. On a vu des plantations, une faune restaurée. Ce sont des efforts qu’il faut reconnaître. »
Youssouf Bodian a aussi lancé un appel aux autres entreprises du secteur :
« Nous n’avons pas encore eu l’occasion de voir ce que font les autres sociétés. Nous espérons pouvoir comparer. Mais, pour ce que j’ai vu ici, après plus de dix ans de travail sur ces questions, même en ayant été à Sabadola et ailleurs, c’est la première fois que je vois ce niveau de réhabilitation. Il est important de le montrer, pour encourager celles qui ne sont pas encore à ce niveau à faire de même et à réhabiliter la nature. »




