Maïmouna Astou Yade, directrice exécutive de J-Gen Sénégal, et ses collègues et partenaires ont tenu une rencontre ce vendredi au Théâtre Daniel Sorano. Cette rencontre avait pour but de célébrer la Journée des Femmes Sénégalaises sous le thème : « Riposte féministe et collective contre les violences sexuelles et sexistes ». Ainsi, Mme Yade est revenue sur l’objectif visé : « Nous avons mobilisé les femmes, les partenaires, le gouvernement pour discuter d’actions collectives afin de contribuer de façon très efficace à l’élimination des violences sexuelles et sexistes contre les filles et les femmes. Notre mobilisation aujourd’hui est populaire et constitue pour nous une riposte féministe et collective contre ces violences, car J-Gen Sénégal est une organisation féministe qui assume pleinement cette identité.
Maïmouna Astou Yade insiste sur le retour aux fondamentaux qui sous-tendent la Journée des Droits des Femmes : « C’est une façon pour nous de rappeler que la journée du 8 mars n’est pas une journée de fête, mais de revendication. Il est important de revenir sur les défis et les enjeux en matière de droits des femmes, mais aussi de réfléchir ensemble à la manière d’engager toutes les communautés — qu’il s’agisse des acteurs religieux, des leaders communautaires, des femmes, des hommes alliés, du gouvernement et des partenaires techniques et financiers, particulièrement ceux de la société civile sénégalaise. Il s’agit de voir quelles sont les actions urgentes et collectives que nous pouvons entreprendre dès maintenant pour dire stop à toutes ces violences sexuelles et sexistes. »
En termes de revendications, la directrice exécutive de J-Gen Sénégal rappelle : « Je pense qu’il est crucial aujourd’hui que les femmes du Sénégal prennent leurs responsabilités et réclament la révision du Code de la Famille. Sa révision est un impératif, car il comporte de nombreuses dispositions discriminatoires à l’égard des femmes et des filles. Au-delà de cela, il est nécessaire d’aborder la question de l’autorité parentale et du refus de la paternité, des problématiques auxquelles nous sommes confrontés. Il est urgent que l’État du Sénégal prenne ses responsabilités pour instaurer un Code de la Famille équitable et juste. Par ailleurs, la question de l’avortement sécurisé en cas d’inceste et de viol doit également être posée. »
S’ajoutent à ces revendications les engagements internationaux pris par le Sénégal. Mme Yade lance ainsi un plaidoyer : « En tant que femmes, féministes et défenseures des droits des femmes, nous demandons à l’État du Sénégal d’appliquer le protocole de Maputo. Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités pour protéger toutes ces filles et ces femmes victimes de viol et d’inceste. Nous avons également engagé une dynamique importante pour mettre en place des cadres de veille et d’alerte contre les violences sexuelles. » 
Enfin, elle prévoit une campagne de sensibilisation à travers tout le pays : « Nous allons sillonner l’ensemble des régions pour mobiliser les femmes, quel que soit leur cadre de vie. Partout où les femmes se rassemblent, de façon formelle ou informelle, nous créerons des cadres de veille. Cela nous permettra de collecter des données sur les violences basées sur le genre et de recueillir les contributions des femmes pour une meilleure prise en charge des violences sexuelles et sexistes. »





































































