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Vente de produits pour grossir et aphrodisiaques : Rougiyatou Diaw, sage-femme, alerte sur un danger de santé publique

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Vente de produits pour grossir et aphrodisiaques : Rougiyatou Diaw, sage-femme, alerte sur un danger de santé publique

Depuis quelques années, des Sénégalaises vendeuses en ligne proposent sur internet des produits aphrodisiaques, des sirops pour prendre du poids et des produits de dépigmentation. Grâce à un tweet, nous avons contacté une femme qui publie des vidéos pour sensibiliser sur ce phénomène. Elle est connue sous le nom de « Debbo » sur Twitter et « Debbo Health » sur TikTok. Sage-femme de profession, cette dame est très suivie grâce à ses podcasts qui alertent sur les dangers qui menacent la santé des populations, en particulier celle des femmes.

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mon nom est Rougiyatou Diaw et je suis sage-femme de formation.

Depuis quelques années, nous constatons une prolifération de produits utilisés par les femmes et les jeunes filles. Quels pourraient être les risques pour leur santé à long terme ?

L’utilisation de ces produits a un impact néfaste. Nous rencontrons des jeunes femmes atteintes de diabète de type 2, des femmes hypertendues et certaines souffrant d’insuffisance rénale. On voit des jeunes femmes âgées de 20 ou 25 ans avec un physique qui donne l’impression qu’elles sont bien plus âgées. Un excès de poids les handicape dans leur quotidien, elles se fatiguent rapidement. Des cas de malaises, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont également observés. Ces femmes utilisent ces produits sans pratiquer d’activité physique et avec une alimentation non saine, ce qui aggrave leur situation.

Quels sont les impacts de l’utilisation de sirops pour prendre du poids et d’autres produits de beauté sur la santé de la mère et de l’enfant ?

Elles utilisent ces produits pour récupérer le poids perdu lors de la grossesse, de l’accouchement ou pendant la période post-partum. Cela est nocif pour le bébé, car il a un système immunitaire fragile. En allaitant après avoir consommé ces produits, la mère expose son bébé à des substances dangereuses, pouvant entraîner des complications graves, voire la mort de l’enfant.

Existe-t-il des statistiques ou des études qui montrent les dangers liés à ces produits ?

En ce qui concerne les études, je n’ai pas de chiffres exacts. Cependant, depuis 2023, ces vendeuses gagnent de plus en plus de terrain. Elles ont une influence négative sur la population, principalement les femmes. On constate une augmentation significative de vendeuses de sirops pour prendre du poids. Ces femmes, souvent sans diplômes ni formation, utilisent des plateformes comme Facebook, TikTok ou Instagram pour promouvoir des produits importés de pays voisins comme la Côte d’Ivoire, le Bénin ou le Mali. Ces produits sont vendus sur le marché sénégalais sans contrôle des autorités compétentes. Ils sont consommés par nos tantes, nos sœurs, etc.

Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans la promotion et l’utilisation abusive de ces produits ? Et quel message adressez-vous aux femmes qui se livrent à la vente de ces produits ?

@debbohealth1 @Médecin Conscient ❄️🧠 @Dr Apprentimédecin🇸🇳🇲🇷 @Votre amie la sage-femme @MAMEABDOU574 @Santé & Bien être👩‍⚕️👫💃👩‍? @BAMBA👨‍⚕️🩺 @AgroLabDecouvre #pour ♬ son original – DebboHealth1

Les réseaux sociaux ont permis la prolifération de ces produits nocifs. Ces femmes deviennent millionnaires grâce à la vente en ligne de ces produits qui ravagent leurs utilisatrices. Lorsqu’elles font l’éloge de leurs produits, affirmant qu’ils soignent le diabète, préviennent les AVC ou donnent des rondeurs immédiatement, c’est catastrophique. Malheureusement, elles ont une large audience, ce qui est déplorable.

Une grande partie des femmes sénégalaises ne sont pas instruites. Imaginez une personne analphabète ayant un téléphone portable, suivant aveuglément les consignes de ces vendeuses sur les réseaux sociaux. C’est vraiment triste.

Le ministère de la Santé a-t-il mis en place des mesures pour éradiquer la vente illicite de ces produits ?

À ma connaissance, je n’ai pas entendu parler de mesures concrètes concernant la vente de ces produits. C’est l’occasion d’interpeller notre ministre de tutelle pour qu’il prenne des mesures drastiques face à ce phénomène.

Ne pensez-vous pas que certains membres du secteur de la santé pourraient être complices de ces vendeurs et vendeuses en ligne, souvent très populaires ?

Une personne dévouée à la santé publique et soucieuse du bien-être de la population ne peut pas être complice de ces pratiques. Je ne le crois pas. Il est urgent de multiplier les sensibilisations et de produire davantage de vidéos d’alerte. Nous devons organiser des campagnes pour contrer ces femmes et faire cesser l’utilisation de ces produits.

En tant que personnel de santé, nous devons nous unir et utiliser les réseaux sociaux pour contrer ce fléau. Peut-être que le ministre ou même l’Assemblée nationale pourra nous appuyer en votant des lois dissuasives. Mais en attendant, nous continuerons à sensibiliser à l’hôpital, chez nous et dans notre entourage. Nous ne nous tairons jamais.

Quel est votre dernier mot pour dissuader ces femmes qui achètent ces produits ?

Le message que je veux adresser à ces femmes est simple : restez naturelles. La femme sénégalaise est naturellement belle et bien dotée. Ce qui est très déplorable, c’est que ces femmes viennent à l’hôpital trop tard, lorsqu’elles n’ont plus le choix. Ces produits provoquent des pathologies chroniques qui coûtent cher, voire leur vie. Ce qui me dérange, c’est qu’elles viennent seulement lorsqu’il est presque trop tard, souffrant de cancers ou de maladies cardiovasculaires. Réfléchissez avant d’utiliser ces produits !

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