Il a fallu cinq années de travail et de recherche rigoureuse pour établir des données alarmantes sur les violences basées sur le genre (VBG), particulièrement chez les adolescents. L’étude révèle une prévalence significative de différentes formes de violences dans les communes de Guédiawaye, Kaolack et Kolda, qui ont été ciblées dans le cadre de cette enquête.
Ainsi, 50,7 % des adolescents interrogés déclarent avoir subi des violences physiques, 5,74 % des agressions sexuelles, tandis que 29,7 % ont été victimes de mutilations génitales féminines. Il est également à noter que seules 19,2 % des victimes ont signalé ces actes de violence, mettant en lumière un déficit majeur de dénonciation. 
Ces données probantes sont cruciales pour la formulation de solutions durables à la problématique des adolescents. Marie-Gloriose Ingabire, directrice régionale du Bureau Afrique centrale et de l’Ouest du Centre de recherches pour le développement international du Canada (CRDI), revient sur la mission de son institution et les approches adoptées pour atteindre les résultats escomptés.
« La mission principale du CRDI est de soutenir la génération de données probantes, mais surtout leur utilisation dans l’élaboration des politiques publiques et des pratiques sociales. Nous collaborons avec divers partenaires institutionnels, notamment le ministère de la Santé et de l’Action sociale, le ministère de la Famille et des Solidarités, mais aussi des associations de jeunes, des organisations de la société civile et des chercheurs. »
Elle poursuit : « L’objectif est de réunir l’ensemble de ces acteurs pour identifier les besoins en connaissances, mais également pour déterminer comment ces données, une fois produites, peuvent alimenter efficacement les politiques et les programmes. C’est ainsi que nous pouvons véritablement progresser, notamment en matière de santé reproductive des adolescentes. »
Mme Ingabire souligne également trois points majeurs : « l’importance cruciale de la recherche et des données probantes dans la prise de décision. La nécessité d’une approche multisectorielle, impliquant différents domaines d’expertise et catégories d’acteurs : « Aucun secteur isolé ne peut, à lui seul, résoudre ces problématiques aussi complexes. »
L’implication active des adolescents dans toutes les étapes du processus.
« Il est indispensable que les jeunes soient placés au cœur des initiatives et des décisions les concernant. Ils ont démontré un engagement fort et un leadership incontestable. Il convient donc de leur faire une place, de les écouter, afin de mieux répondre à leurs besoins et renforcer leur contribution au développement du Sénégal. » 





































































