Le Code de la famille sénégalais, dans sa forme actuelle, confère exclusivement l’autorité parentale au père, une disposition qui crée d’importantes difficultés pour les mères divorcées. Parmi les nombreux obstacles rencontrés, l’obtention d’une autorisation de voyage pour leurs enfants demeure un problème majeur, les privant souvent de leur droit légitime à participer pleinement à l’éducation et aux décisions concernant leurs enfants.
Face à cette situation jugée discriminatoire, la députée Marème Mbacké a adressé une correspondance officielle au ministre de la Justice, plaidant en faveur d’une révision du Code de la famille. Elle propose que l’autorité parentale soit exercée conjointement par les deux parents, afin d’instaurer une égalité dans les responsabilités et les droits parentaux.
Cette demande soulève un enjeu fondamental : l’adaptation du droit familial sénégalais aux réalités sociales actuelles. De nombreux pays ont évolué vers un partage équilibré de l’autorité parentale, reconnaissant ainsi le rôle essentiel des deux parents dans l’éducation et le bien-être des enfants, même après une séparation.
La réforme du Code de la famille apparaît donc comme une nécessité pour garantir l’équité entre les pères et les mères et pour assurer que l’intérêt supérieur de l’enfant reste au cœur des décisions juridiques et administratives. Reste à voir si cette proposition sera entendue et prise en compte dans les réformes à venir.
Voici l’intégralité de la correspondance !
« Objet : l’autorité parentale
Dans la législation sénégalaise, l’autorité parentale exclusivement réservée au père, pose de véritables problèmes aux mères divorcées avec des enfants. La mère divorcée est souvent responsable de la garde des enfants. A cet égard, elle devrait pouvoir signer les documents de voyage de ses enfants mineurs.
Cependant, certains hommes utilisent cette autorité comme une arme de guerre contre leur ex épouse au point de nuire à leurs propres enfants en leur refusant sans raison la signature de l’autorisation parentale. Ce qui entraîne des conséquences graves particulièrement pour les enfants vivants avec leur mère à l’étranger.
Les femmes de la diaspora sénégalaise nous ont souvent interpellés sur ces questions. C’est pourquoi, sans adopter une perspective féministe, nous vous prions de reconsidérer cette mesure.
Le père, en tant qu’autorité morale au sein de la famille, ne pose pas de problème, mais il est important que les deux parents puissent donner leur consentement aux voyages de leurs enfants.
Monsieur le Ministre,
Pour remédier à cette situation, ne serait-il pas opportun de réviser le code de la famille ?
Quelles seraient les mesures que vous comptez prendre pour trouver des solutions à ce problème ? »





































































