Je ne suis vraiment pas sympa. J’essaie toujours d’être responsable et de m’exprimer de manière politiquement correcte, mais j’ai du mal parce que trop de mots dansent sur le bout de ma langue. J’essaie d’être neutre au maximum, mais en tant que blogueuse et chroniqueuse, je n’ai pas à l’être. Pas de limites. Je m’applique à donner mes opinions et à trancher sans enrober mes mots de sucre. Cela dit, j’ai une aversion particulière pour le takku souf.
Le takku souf, c’est quoi ?
Et non, ce n’est pas « mariage de sable »…
Le takku souf est un sujet délicat. Si vous n’êtes pas directement concerné, vous connaissez sûrement quelqu’un qui l’est, car c’est plus courant qu’on ne le pense. Comme son nom ne l’indique pas, le takku souf est un mariage secret, une union discrète entre un homme, une femme, Dieu, l’imam, le meilleur ami de Monsieur, et parfois même la sœur de Madame.
Seules les familles directes sont au courant de cette opération commando. Ironiquement, la première femme, elle, est souvent la dernière informée – si tant est qu’elle l’apprenne un jour. Elle devient alors le dindon de la farce, sauf si les rumeurs commencent à circuler.

Le takku souf, un secret d’État
Je n’ai que peu de patience pour la polygamie, mais je la préfère de loin au takku souf (j’en ai même marre d’écrire ce mot). Au moins, dans le cas de la polygamie, la première femme est au courant de l’arrivée de « sa coéquipière » (ou « sa rivale », selon le point de vue). Tout est une question de transparence. Il faut assumer ses choix.
Mais alors, pourquoi cette pratique ? Pourquoi cacher une union qui est censée durer toute une vie ?
La peur de la réaction de la première femme : L’homme craint les conséquences de son acte et préfère garder son deuxième mariage secret pour prolonger ses jours – littéralement. Une femme trahie ou au cœur brisé peut se transformer en une version Super Saiyan de Sangoku à tout moment. Personne ne veut vivre ça.
La tranquillité d’esprit : L’homme veut pouvoir vaquer à ses occupations en paix, sans conflit. Met « Viviane Chidid » en musique de fond. Avec le takku souf, l’expression « vivons heureux, vivons cachés » prend tout son sens. #LevelsToThisShit. Avoir deux femmes à sa disposition tout en étant rassuré par le fait d’être marié devant Dieu ? Opération khel bou dale. Opération nakh seu bopp, parce qu’au fond, ce n’est rien d’autre qu’une trahison.
Le gain de temps : L’homme espère que sa première femme acceptera le fait accompli plus facilement avec le temps, comme si un comprimé d’ibuprofène pouvait faire passer la pilule (sans jeu de mots).
Les raisons financières : Ayant signé pour la monogamie, l’homme cherche une solution à son insatiabilité sans avoir à partager ses revenus en cas de divorce.
La peur physique : Parfois, la femme est tout simplement plus forte physiquement que son mari. Et personne ne veut jouer avec le feu.
Pourquoi le takku souf est inutile, voire dangereux ?

Nous sommes au Sénégal, et le nétali (les commérages) est gratuit. Tôt ou tard, et souvent tôt, la première femme sera mise au courant. Et à ce moment-là, les conséquences seront bien plus lourdes. Le takku souf n’est qu’une solution à court terme pour retarder l’explosion d’une vérité inévitable.
Les femmes ont un sixième sens. Nous remarquons vos changements d’habitudes et votre soudaine ingratitude. Si vous preniez toujours la route nationale et que vous commencez soudainement à utiliser le Rapido, nous nous poserons des questions. Si vous critiquez notre cuisine ou nos services, nous vous demanderons avec qui vous nous comparez. Shiet. Comme l’être humain a tendance à devenir amnésique lorsqu’une deuxième option se présente, tout d’un coup, le mafé manque de « tigueudégué ».
Et puis, un jour, vous mourrez. Votre famille se retrouvera devant le notaire avec une autre famille qu’elle découvrira en même temps que votre testament. Vous serez pleuré et détesté à la fois. Est-ce vraiment nécessaire ? Le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Sexe et protection : une question de santé
Maintenant que c’est un ménage à trois (ou plus), tous les participants ont le droit de connaître les protagonistes. Personne ne veut se retrouver avec une maladie sexuellement transmissible, surtout si elle vient d’une source inconnue. La transparence est essentielle pour la santé de tous.





































































