Il y a des vérités qui piquent, mais qu’il faut assumer : au Sénégal, la vie est chère pour rien. Pas chère parce que les produits sont rares, pas chère parce que la qualité est exceptionnelle. Non, chère parce qu’on a collectivement décidé qu’il fallait afficher des prix déraisonnables pour donner l’illusion du luxe.
On s’est habitués à cette phrase assassine : « si c’est cher pour toi, c’est que tu n’es pas la cible ». Comme si le problème venait de celui qui ose questionner, et non d’un système absurde. Mais derrière ce décor, une réalité moins visible mérite d’être soulignée : ce sont les hommes qui en souffrent le plus.
Studios minuscules et mode hors de prix : une arnaque acceptée
Un « studio américain » n’est souvent rien d’autre qu’un cagibi transformé, où cuisine et salle de bain se disputent trois mètres carrés. Dans la mode, un pagne cousu à la va-vite est étiqueté « haute couture » et vendu à 100 000 francs. Des sacs perdent leur couleur en deux semaines mais coûtent 300 000 francs. Des montres fabriquées en Chine sont rebrandées « made in Sénégal » et affichées à 120 000 francs.
Le pire ? Nous achetons. Nous validons. Nous entretenons ce système.
La restauration : manger devient un statut
Dans les restaurants, le délire continue. Un simple pain-thon à 2 000 francs passe crème, juste parce que c’est « tendance ». Un thieb à 20 000 francs se vend comme du petit pain, parce que ça fait chic de l’afficher sur Snapchat ou Instagram. On n’achète plus de la nourriture, on achète du prestige.
Quand la vie chère devient le fardeau des hommes
Mais attention, derrière ces dépenses parfois grotesques, ce sont souvent les hommes qui craquent. Car qui paie l’addition de cette course au paraître ? Les maris, les amants, les copains.
Et dans cette équation, la niarél – la deuxième épouse – joue un rôle central. Plus jeune, plus belle, plus capricieuse, elle devient souvent la vitrine sociale qu’il faut entretenir à coups de sacs, de bijoux et de sorties hors de prix. Le mari, lui, se saigne pour maintenir l’illusion.

À côté de cela, il y a la copine, à qui l’homme n’ose rien refuser par peur de paraître radin ou de perdre sa place. Sans oublier la troisième épouse prise en takku souf – mariage discret, parfois secret – qui coûte elle aussi son lot de dépenses, toujours à la charge du même homme.
Résultat : beaucoup vivent au-dessus de leurs moyens, noyés dans les crédits, juste pour répondre aux caprices d’un système où le luxe est factice mais la facture bien réelle.
Une économie du faux luxe
On parle de « luxe », mais soyons sérieux : ce n’est qu’un middle gamme survendu, qui n’a rien de haut de gamme si ce n’est l’étiquette. Et tant que les hommes continueront à payer sans broncher, à se ruiner pour plaire, les prix grimperont sans fin.
Le fil est tendu. Et comme tout ce qui est trop tiré, un jour, il cassera.
Et toi, penses-tu que cette vie chère est entretenue par la vanité collective, ou par les hommes eux-mêmes, qui financent ce système pour leurs épouses et copines





































































