Santé sexuelle et reproductive

Lancé en 2020 et prévu pour s’achever en 2025, le programme Amélioration de la santé de la reproduction des adolescentes au Sénégal (ADOS), mis en œuvre par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) avec le soutien d’Affaires mondiales Canada (AMC), arrive à son terme.

Dans ce cadre, un atelier s’est tenu ce mardi à Dakar. Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques, dont la santé des adolescentes, les mariages précoces, les mutilations génitales féminines, le viol, l’accès limité à l’information et aux services de santé adaptés, ainsi que le manque de dialogues communautaires et intersectoriels.

Une approche multisectorielle

Santé sexuelle et reproductiveL’atelier a été présidé par Dr Maeie Glorioz, directrice régionale du CRDI pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. Elle a souligné que, malgré les avancées constatées, les défis demeurent nombreux.

« L’un des principaux objectifs était de mieux comprendre les interactions entre la santé reproductive des adolescentes et les violences basées sur le genre. Malgré les progrès, il existe encore des violences sexuelles et physiques, comme les mariages précoces. Par exemple, à Kolda, 66 % des jeunes filles de moins de 18 ans sont concernées », a-t-elle déclaré.

Dr Glorioz a insisté sur l’importance d’impliquer les jeunes et de diversifier les services disponibles :

« Les besoins vont au-delà des soins de santé. Les jeunes victimes de violences ont aussi besoin de soutien juridique et psychologique. Le programme ADOS vise à proposer des solutions complètes et concertées pour répondre à ces besoins. »

Elle a également mis en avant l’importance d’une approche intégrée :

« Il faut éviter les approches en silo. ADOS couvre non seulement la santé reproductive, mais aussi les violences basées sur le genre. Les décisions politiques doivent reposer sur des données probantes afin d’identifier les meilleures pratiques selon les contextes. »

Engagement du Canada

Caroline Albert, directrice de la coopération à l’ambassade du Canada au Sénégal, a rappelé l’engagement de son pays en faveur de la santé reproductive :

« Le Canada investit 1,4 milliard de dollars sur 10 ans pour la santé mondiale, dont la moitié est destinée à la santé reproductive. C’est une question souvent sous-financée, mais essentielle, car elle a un impact direct sur la vie des adolescentes et leur avenir. »

Elle a également insisté sur l’importance d’adapter les réponses aux réalités locales :

« Les recommandations portent sur l’accès, la qualité des services et l’hébergement des jeunes filles victimes de violences ou en situation de grossesse précoce. Il s’agit de proposer des approches ancrées dans les valeurs et cultures sénégalaises. »

Un programme pour une transformation sociale

Pour rappel, le programme ADOS vise à améliorer durablement la santé sexuelle et reproductive des adolescentes, tout en intégrant la lutte contre les violences basées sur le genre, les normes sociales néfastes et les inégalités de genre.

L’initiative, qui compte 16 projets répartis dans 10 régions du Sénégal, repose sur une approche participative impliquant les communautés, les décideurs, les systèmes de santé et les jeunes elles-mêmes afin de favoriser l’évolution des comportements et des politiques publiques.

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