Santé des adolescentes : le programme ADOS met en lumière des défis urgents

Khary Diène
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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...
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Amélioration de la Santé de la Reproduction des Adolescentes au Sénégal (ADOS) est une initiative financée par Affaires mondiales Canada et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) en 2020. S’étalant sur une durée de cinq ans, ce programme accompagne 16 projets répartis dans 10 régions du Sénégal, avec pour objectif central l’amélioration de la santé des adolescents et des jeunes.

Outre la santé reproductive, le programme vise également à lutter contre les violences basées sur le genre, les normes sociales restrictives et les inégalités entre les sexes. Une rencontre s’est tenue ce mardi à Dakar pour présenter les résultats des recherches menées dans le cadre de ce programme.

Une politique en phase avec les priorités du ministère

Maguette Dia Niane, cheffe de la Division de la santé de l’adolescent au Ministère de la Santé et de l’Action sociale, représentait le Directeur de la santé de la mère et de l’enfant, membre du comité de pilotage du programme ADOS. Elle a souligné la parfaite cohérence entre les projets de son département et les actions menées dans le cadre d’ADOS.

« Nous élaborons les politiques et orientations stratégiques ciblant spécifiquement la santé des adolescents et des jeunes. Le programme ADOS s’inscrit donc en droite ligne des priorités de la Direction de la santé de la mère et de l’enfant. Il s’agit de garantir un accès équitable à des services de santé de qualité, adaptés aux besoins spécifiques de cette frange de la population. »

Des défis persistants et une cible vulnérable

Mme Niane a reconnu que les adolescentes restent confrontées à de nombreux obstacles, notamment l’insuffisance d’information, l’accès limité aux services, et la persistance des violences sexistes.

« Nous constatons que de nombreux adolescents peinent à accéder aux services de santé. Les défis sont multiples : insuffisance de l’information, violences basées sur le genre, grossesses précoces et mariages d’enfants. Ces problématiques, souvent minimisées, sont pourtant essentielles à la santé publique. »

Elle a également pointé le manque de politiques spécifiques pour les adolescents, alors même que des stratégies existent pour les femmes et les enfants.

« Il est vrai que beaucoup de programmes ont été conçus pour les femmes et les enfants, mais la cible adolescente a longtemps été négligée. Or, cette population, extrêmement jeune, mérite d’être prise en compte en tant que groupe vulnérable. »

Une situation alarmante sur le terrain

La responsable a énuméré plusieurs problèmes rencontrés par les jeunes : hygiène menstruelle, grossesses en milieu scolaire, absence de services de proximité en zone rurale, violences sexuelles, mutilations génitales féminines (MGF), infections sexuellement transmissibles (IST), etc.

« Chaque année, les rapports font état de nombreuses grossesses scolaires. Les adolescentes vivant en milieu communautaire sont souvent exclues des services de santé. Les violences sexuelles, parfois sur de très jeunes filles, continuent d’alimenter les faits divers. Ces réalités exigent des réponses concrètes, basées sur des données probantes. »

Stigmatisation et tabous : des freins sociaux à lever

Mme Niane a également dénoncé le poids des normes sociales et la stigmatisation que subissent les jeunes, en particulier lorsqu’ils tentent d’accéder aux structures de santé.

« La société, encore fortement marquée par des croyances conservatrices, tend à stigmatiser les adolescents qui cherchent de l’aide. Les tabous autour de la santé reproductive et de la sexualité freinent leur prise en charge. »

Miser sur les pairs pour sensibiliser

En conclusion, la cheffe de division a plaidé pour des stratégies d’éducation entre pairs, soulignant le rôle essentiel des organisations de jeunes.

« D’où l’importance de sensibiliser les jeunes, par les jeunes eux-mêmes. Aujourd’hui, de nombreuses associations de jeunes s’impliquent avec efficacité dans ce domaine et soutiennent les efforts du ministère de la Santé. »

 

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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