Rose Dieng-Kuntz, née en 1956 et décédée le 30 juin 2008, était une scientifique sénégalaise de renom, spécialiste en intelligence artificielle. Elle a marqué l’histoire en devenant la première femme africaine à intégrer l’École polytechnique en 1976, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles générations de jeunes femmes scientifiques.
En 1992, Rose Dieng-Kuntz est devenue la première femme à occuper un poste de cheffe de projet à l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique). Visionnaire, elle s’est intéressée dès 1995 au web sémantique et, à partir de 2005, à l’intelligence artificielle – des domaines alors encore embryonnaires et largement incompris. Pour ses contributions exceptionnelles, elle a reçu en 2005 le prix Irène Joliot-Curie, qui récompense la scientifique de l’année en France.
Une étincelle précoce
Dès son adolescence, Rose se distingue par son intelligence hors du commun. En juillet 1972, à seulement 16 ans, elle remporte quatre prix au concours général du Sénégal. Le journal Le Soleil titre alors en Une : « Rose la forte en thème et le président-poète », saluant l’excellence de cette jeune prodige.
Diplômée de Télécom Paris en 1980, Rose Dieng-Kuntz s’est spécialisée dans les systèmes d’acquisition, de gestion et de partage des connaissances. Sa passion pour la recherche scientifique l’a amenée à développer des outils permettant aux entreprises, institutions et communautés de « capitaliser et partager des savoirs » afin de construire une mémoire collective durable.
Un parcours d’exception
Au-delà de ses réalisations académiques et professionnelles, Rose Dieng-Kuntz était une visionnaire. Elle a anticipé les enjeux de la modélisation et de l’acquisition des connaissances à une époque où ces thématiques étaient encore peu explorées. Sa démarche était guidée par un objectif clair : mettre la science au service de la société, en développant des solutions pour optimiser la transmission et la pérennité des savoirs humains.
Son apport scientifique et la force symbolique de son parcours ont été officiellement reconnus lorsque l’École polytechnique a baptisé un amphithéâtre de son nom dans le campus de Palaiseau. Ce geste la place parmi les figures historiques de l’établissement, aux côtés d’Édouard Estaunié et Léon Thévenin.
Une inspiration universelle
Rose Dieng-Kuntz croyait fermement à la force des symboles. Comme elle l’a confié à Pierre Le Hir dans un article du Monde en 2006 : « Une femme noire peut s’épanouir dans la recherche scientifique, dans une France terre d’accueil, y assurer des responsabilités et transmettre sa passion à des jeunes, en particulier à des jeunes filles. »
Par son parcours hors normes et sa vision novatrice, Rose Dieng-Kuntz reste une source d’inspiration pour les scientifiques du monde entier, et un modèle pour toutes celles et ceux qui souhaitent repousser les limites de la connaissance.




