Le Collectif Citoyen pour la Sauvegarde de Bambilor et de ses Environs a adressé une lettre aux autorités sénégalaises pour alerter sur l’implantation forcée d’un centre de valorisation des déchets dans la forêt classée de Déni Youssouf.
La lettre commence en ces termes :
« Nous, membres du Collectif Citoyen pour la Sauvegarde de Bambilor et de ses Environs, lançons cette alerte solennelle face à la menace imminente que représentent les agissements de PROMOGED et de certains partenaires administratifs, notamment le Préfet du département de Rufisque, les Sous-Préfets de Diamniadio et de Sangalkam, ainsi que leurs adjoints respectifs. »
Le collectif exprime son désarroi et explique :
« Depuis plusieurs semaines, la population des villages de Mbeuth, Ndoyenne, Diacksaw, Sébikotane, et d’autres localités environnantes vit dans une angoisse permanente. Des menaces et intimidations sont exercées à l’encontre des habitants, qui s’opposent pacifiquement à l’implantation d’un centre de traitement et de valorisation des déchets sur la forêt classée de Déni Youssouf, un espace vital exploité de manière durable et traditionnelle par les populations depuis des décennies. »
Les populations de cette localité lancent un cri du cœur pour défendre leur lieu de travail, source de revenu pour leurs familles :
« Dans cette forêt, plus de 1 000 pères et mères de famille, des jeunes et des femmes travaillent chaque jour. C’est leur unique gagne-pain, une source de subsistance digne qui perdure depuis des générations. Sans ces braves hommes et femmes, cette forêt ne serait qu’un espace abandonné, livré à l’ensauvagement. Leur travail donne vie, sens et utilité à cet espace naturel.
Aujourd’hui, on tente de leur arracher ce rêve, cette dignité, cette activité économique structurante, sans offrir aucune alternative sérieuse. C’est voler l’avenir de milliers de jeunes, dans un contexte où notre pays affiche pourtant une ambition d’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2050. Or, nous, populations de Bambilor et de ses environs, ne voyons dans ce projet aucun lien avec cette vision nationale. Bien au contraire, il la contredit en détruisant un espace productif essentiel à nos communautés rurales. » 
Le Collectif Citoyen pour la Sauvegarde de Bambilor et de ses Environs rappelle, dans le même sillage, les démarches entreprises en vain :
« Malgré nos démarches pacifiques, nos lettres, nos demandes d’audience et nos multiples alertes adressées aux autorités concernées, aucune réponse sérieuse ni ouverture à un dialogue réel n’a été observée. Pire encore, les pressions s’intensifient, créant un climat de tension grandissante au sein des communautés locales.
Nous rappelons que la forêt classée de Déni Youssouf constitue un patrimoine écologique, économique et culturel pour nos populations. Elle est source de subsistance, d’équilibre environnemental, et joue un rôle capital dans la lutte contre les changements climatiques. Son occupation pour y installer un centre de traitement des déchets constitue une violation grave de nos droits environnementaux, sociaux et humains. »
Ainsi, les populations avertissent les autorités :
« Nous refusons ce projet imposé sans consentement libre, préalable et éclairé des populations. Nous appelons à une concertation inclusive, sincère et transparente avec toutes les parties prenantes, avant que l’irréparable ne se produise. Nous interpellons solennellement les plus hautes autorités de la République, notamment le Chef de l’État et le Premier Ministre, afin qu’ils prennent les mesures urgentes pour suspendre immédiatement ce projet, et qu’ils ouvrent un véritable cadre de dialogue avec les populations concernées.
Le respect des droits des communautés locales, la préservation de l’environnement et la paix sociale doivent primer sur toute logique de forcing ou de pression administrative », peut-on lire dans cette lettre. 





































































