Elle est fashion designer et propose des tenues haut de gamme. Fascinée par la mode, Ouly s’est formée et a ouvert sa boutique en plein cœur de Dakar. Invitée aux Talks des Linguère Awards, elle partage son expérience et sensibilise les femmes aux défis de l’entrepreneuriat.
« Un conseil aux femmes : le business ou l’entrepreneuriat n’est pas du tout facile. Que l’on soit en Europe, en Chine, partout dans le monde, ce n’est jamais simple. Il faut être courageuse, rigoureuse et endurante. »
C’est ainsi que la fondatrice de Ouly’Cocotte invite ses sœurs à s’armer de patience pour affronter les obstacles.
« La faillite est la plus grande peur d’un entrepreneur. Chaque jour, on peut tout perdre. Je peux dire que presque 80 à 90 % des entrepreneurs l’ont vécu, surtout depuis la période du Covid-19. On peut investir des millions, voire des milliards, et se réveiller un matin pour apprendre que le bateau a coulé, que la marchandise est perdue. On ne peut rien y faire, si ce n’est prier et chercher des solutions pour se relever. »

D’ailleurs, elle insiste sur l’importance de la confiance en soi :
« Le plus important, c’est d’avoir confiance en soi. Se dire : je suis tombée, mais je vais me relever. Tout ce qui freine, tout ce qui est négatif, il faut le repousser. Ne pensez pas à ce qui peut vous empêcher d’avancer. Dites-vous toujours : je suis plus forte que ça, je ne vais pas abandonner ».
Pour cette coach et fashion designer, il ne s’agit pas de s’apitoyer sur son sort ou d’accuser les autres.
« En Afrique, on a tendance à dire : j’ai des ennemis à gauche, à droite. Mais en réalité, il faut juste travailler pour soi, pour sa famille, pour ses parents. Demain, on en aura besoin. Nous, les femmes, devons être des leaders, mais pas juste pour le fun. Nous devons l’être dans un domaine qui nous passionne. Après l’amour du travail, vient la persévérance et l’endurance. »
Ouly’Cocote encourage également les femmes entrepreneures à quitter l’informel et à se mettre en règle, car cela leur permet d’accéder à des financements et d’élargir leur champ d’action.
« Formez-vous, mais aussi, c’est très important de se formaliser. La formalisation est essentielle pour les femmes. Je connais beaucoup d’entrepreneures qui hésitent encore : Ouly, est-ce qu’on doit vraiment se formaliser ? Je leur dis oui ! On ne peut pas créer une entreprise et rester dans l’ombre pendant quatre ou cinq ans. Ce n’est pas bon. Parce que demain, lorsqu’il y aura des opportunités, comment allez-vous faire ? Comment allez-vous répondre aux appels d’offres de l’État ? Comment allez-vous accéder aux financements ? Pour bénéficier de tout cela, il faut être en règle et se formaliser. »