Mariam Sow, directrice d’ENDA PRONAT, sur les réformes foncières : « … ni les femmes, ni les hommes n’ont accès à la terre… »

Khary Diène
By
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...
4 Min Read

 

Mariam Sow est la directrice d’ENDA Pronat, une ONG sénégalaise vouée au soutien de l’agriculture écologique, des fermes familiales et des droits des femmes au Sénégal. Mme Sow a participé à l’atelier organisé par le Cadre de réflexion et d’action sur le foncier au Sénégal (CRAFS) à Dakar sur la réforme foncière. La directrice d’ENDA Pronat relate la situation de manière globale et sur l’accès des femmes à la terre. Mme Sow se veut claire et déclare : « Effectivement, si vous avez bien écouté ce qui vient d’être expliqué là par rapport à la loi sur le domaine national, on peut conclure que ni les femmes, ni les hommes n’ont presque accès à la terre. Je crois qu’il y a toute une bataille à mener auprès des femmes qui sont les plus marginalisées pour qu’elles puissent accéder à ce foncier-là. Mais aussi, il faut qu’on fasse beaucoup attention, qu’on ne se trompe pas de cible. C’est vrai qu’il faut que les femmes accèdent au foncier, mais il faut arriver à faire en sorte que les femmes et les jeunes, que la communauté elle-même, s’organise, pour que tout un chacun puisse cultiver, tout en sécurisant ce foncier-là pour les générations actuelles et futures. Il y a beaucoup de défis qui ont été mentionnés lors de cet atelier. »

Revenant sur la problématique du foncier, la directrice d’ENDA Pronat rappelle les tentatives antérieures sans résultats : « On se souvient qu’il y a eu beaucoup de réformes également qui ont été envisagées, par exemple, par l’exécutif. Les défis actuels, nous pensons que le moment est venu d’aller vers la finalisation de cette réforme foncière. Je pense que le processus est déjà engagé. »

Cependant, elle reste optimiste pour ces nouvelles autorités : « Dès l’instant où l’on est en train de réviser la loi agro-sylvo-pastorale qui a été adoptée depuis 2004, 20 ans après, on se rend compte qu’elle n’a pas été exécutée. La révision de cette loi agro-sylvo-pastorale est un indicateur pour aller vers une réforme juste et durable. En même temps, de plus en plus, il y a une diversité d’organisations selon les différentes zones écologiques qui sont en train aussi de travailler. Ils disent qu’ils ne font pas la réforme, mais pour essayer de sécuriser avec le cadastre rural, si je prends l’exemple de Procacef, le foncier rural. Nous avons aussi Censur dans le bassin arachidier qui est en train d’abattre un travail important, plus aussi le CRAFS qui, depuis 2010, est sur le coup. Donc je pense que s’il y a une bonne volonté de l’État et s’il y a l’engagement des communautés, mais rassurons nous aussi que les communautés locales sont informées, je pense que les bases pour aller vers une réforme foncière juste et durable sont là. »

Seulement, pour Mariam Sow, une réforme foncière au Sénégal doit être accompagnée par une politique agricole bien pensée : « Mais, on ne peut pas aller vers une réforme à l’état actuel du Sénégal sans pour autant revoir un peu quelle politique agricole nous devons avoir».

 

Share This Article
Follow:
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *