« Mounass, une femme divorcée sans enfant, meurt dans son studio, et c’est son corps en décomposition qui a alerté un locataire. »
Cette information a profondément troublé l’influenceuse Mamico Coco, également artiste très suivie sur les réseaux sociaux. Elle a publié un texte sur sa page Facebook pour dénoncer certaines pratiques qui affectent les femmes divorcées.
Mamico Coco, connue pour avoir lancé la page Femme Chic sur Facebook, est aussi actrice à ses heures perdues. Elle travaille comme Directrice commerciale dans l’un des restaurants les plus huppés de Dakar, situé aux Almadies.
Cette affaire, pour le moins choquante, a été relayée sur sa page personnelle, suite à l’annonce de la découverte du corps sans vie d’une femme divorcée vivant seule dans un appartement à la Médina.
L’influenceuse poursuit sa réflexion et déclare :
« Une autre remarque : pourquoi les femmes divorcées ont-elles tendance à vivre seules ? Après un divorce, on entend souvent certains parents dire à leurs filles : “Fi amato fi place” (ta place n’y est plus : Ndlr). Pour vivre en paix, loin des mots frustrants et des remarques rabaissantes des membres de la famille, certaines préfèrent s’éloigner et vivre seules. »
Face à cette situation, Mamico pose une question poignante à la société sénégalaise, en évoquant les injonctions que subissent ces femmes, souvent toisées et stigmatisées, que ce soit par la famille ou la société :
« Serions-nous en manque d’empathie vis-à-vis de nos sœurs, filles divorcées ? La situation des femmes divorcées est très difficile, avec ou sans enfants. Entre la stigmatisation sociale et l’abandon familial, il est compliqué pour une femme divorcée de se relever sans assistance. Vivre un divorce est très difficile, surtout sans accompagnement social. »

Dans la foulée, un internaute lui répond :
« Je pense que votre remarque est vraiment pertinente. En tant que journaliste, on pourrait organiser des débats, des émissions thématiques afin de sensibiliser les parents. En réalité, une femme vivant seule est toujours exposée à plusieurs dangers. »
Et Mamico de lui rétorquer :
« Par expérience, aucune femme sénégalaise ne désire vivre seule. La majorité le font pour avoir la paix. D’autres le font par contrainte : soit elles n’ont pas de famille proche là où elles habitent, soit elles veulent être proches de l’université ou de leur lieu de travail. Cela reste une contrainte.
La femme aime le partage par essence, elle aime être entourée de ses proches.
Pour l’expérience que j’ai acquise en écoutant les femmes, surtout divorcées, certaines vivent l’enfer chez elles après le divorce, c’est un fait.
Il y a des exceptions à tout aussi (les talibés de la liberté). »
Nd, l’un de ses followers, reste quant à lui catégorique :
« Moi, ma maison sera toujours ouverte pour ma fille. Il ne faut même pas qu’elle hésite à revenir. Le regard de la société m’importe peu. »
Une autre femme partage son vécu sur le sujet :
« Quand j’ai divorcé, mes parents m’ont accueillie à bras ouverts et ont compris ma décision. J’ai pu terminer mes études et refaire ma vie. Aujourd’hui, je suis remariée et mère de trois enfants. Je ne cesserai jamais de dire merci à ma famille : grâce à eux, j’ai vécu mon divorce sans stress. »
Et enfin, une internaute rassure en ces termes:
« Mon mari me dit toujours : “Je ferai de mon mieux pour avoir ma propre maison, car si un jour notre fille divorce, elle aura toujours un endroit où habiter. La maison sera assez grande pour tout le monde.”




