Mame Diarra Bousso, figure emblématique de l’islam au Sénégal, est une femme dont le nom résonne avec respect et admiration au sein de la communauté mouride. Mère du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme, elle incarne les valeurs de piété, de sagesse et d’éducation spirituelle qui ont profondément influencé l’œuvre et la mission de son illustre fils.
Née au XIXe siècle dans une famille profondément ancrée dans la religion, Mame Diarra Bousso était reconnue pour sa dévotion absolue à Dieu, son humilité et sa droiture. Elle a consacré sa vie à l’adoration, à la transmission du savoir religieux et à l’éducation de son fils dans le strict respect des principes islamiques. Son influence sur Cheikh Ahmadou Bamba fut déterminante : elle lui a inculqué les valeurs de persévérance, d’endurance face aux épreuves et de détachement des biens matériels, qui deviendront plus tard les fondements du Mouridisme.
Connue sous le nom de « Diarratoul Laah », signifiant « Don de Dieu », Mame Diarra Bousso est un modèle de sainteté et d’élévation spirituelle. Son existence fut marquée par une quête inébranlable de la connaissance et du service à Dieu. Elle est célébrée chaque année à Porokhane, où repose son mausolée, lors du Magal de Porokhane, un événement qui rassemble des milliers de fidèles venus lui rendre hommage et réaffirmer leur attachement aux valeurs qu’elle a incarnées.
Son héritage spirituel demeure une source d’inspiration pour des générations de croyants, particulièrement les femmes mourides qui voient en elle un symbole de vertu et de résilience. Mame Diarra Bousso est ainsi une figure incontournable de l’histoire religieuse du Sénégal, une mère dont la piété et la noblesse ont façonné le destin d’un homme devenu un des plus grands saints de l’islam africain.

Il est rapporté que toute sa vie durant, Sokhna Diarra Bousso n’avait jamais raté de prières, actes de dévotion qu’elle accomplissait dans la plus grande orthodoxie. Chacune de ses prières était précédée d’ablutions sainement accomplies et terminée par des wird et des zikr. Elle avait l’habitude de consacrer les rares moments où elle avait du temps à la lecture, au récital du Coran ainsi qu’à des prières sur le Prophète (PSL) pour fuir les papotages, les commérages et autres assemblées de déperdition.
Elle ne gardait rien pour sa propre personne car elle savait que «rassasier une seule personne valait mieux que la construction de mille mosquées» de même qu’une portion de mosquée construite équivaut à une villa au Paradis comme le stipule, et à juste titre, un hadith certifié authentique.
Sokhna Diarra avait également l’habitude de jeûner, des jeûnes méritoires et surérogatoires. Serigne Bassirou, la nomme femme de دين (religion) et de صالحا (vertu) dans son fameux livre «Minanoul Bakhil Khadim ». Tandis que Serigne Massamba Marèma, apprenant au daara de Mame Mor Anta Saly, justifie cette piété dans son poème ainsi qu’il suit.




