L’Université de La Laguna (Espagne) a décerné samedi le titre de docteur honoris causa à Ken Bugul, l’une des voix littéraires les plus importantes du continent africain. La cérémonie, qui s’est déroulée dans l’édifice central de l’université, a également honoré trois autres personnalités du monde académique et culturel.
Dans son discours de réception, l’auteure sénégalaise de onze romans, qui écrit sous le pseudonyme de Ken Bugul (de son vrai nom Mariétou Mbaye Biléoma), a exprimé son profond attachement à la culture hispanique, citant comme sources d’inspiration des auteurs tels qu’Unamuno, Lorca, Machado, García Márquez et Neruda.
À 78 ans, cette militante infatigable considère l’écriture comme « une nécessité et une passion », mais aussi comme un outil thérapeutique et un instrument de lutte pour les droits des femmes. « La littérature doit jouer un rôle historique », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie, « elle doit éviter de se réduire au simple récit des faits, pour nous rendre plus humains et nous faire raisonner. »
Face aux défis contemporains, notamment la crise climatique et ses conséquences sur les migrations, Ken Bugul a appelé à un engagement renouvelé de la littérature. Militante active pour la paix et contre toutes les formes d’extrémisme, elle a conclu son intervention en citant la célèbre phrase de Dolores Ibárruri : « No pasarán » (Ils ne passeront pas).
Cette distinction s’inscrit dans une démarche plus large de l’Université de La Laguna visant à réduire le déséquilibre de genre dans l’attribution de ses doctorats honoris causa, Ken Bugul étant l’une des trois femmes honorées lors de cette cérémonie.





































































