Être une femme enceinte au Sénégal est vraiment très complexe. Tu n’as pas le droit de te maquiller comme tu le souhaites, tu ne peux pas t’habiller pas comme tu le souhaites et parfois, tu ne peux même pas te coiffer comme tu le voudrais.
C’est toujours les mêmes commentaires : « teggal kol », « wagnil seu make up bi », « yaw tal nga ay lettou ».
C’est comme si la grossesse est une malédiction au lieu d’être un moment de joie et d’épanouissement pour la femme sénégalaise.

Tu es obligée de porter des habits non seulement très larges mais pas du tout jolis pour la plupart des cas et de te taper un foulard pour cacher ton ventre. D’ailleurs, c’est vraiment la chose la plus bizarre ou absurde à mes yeux : comment peut-on cacher, avec un morceau de tissu, un ventre qui est visible à des kilomètres ?
Avec la chaleur qu’il fait dans ce pays, multipliée par la chaleur que dégage la femme enceinte, au lieu de pouvoir porter des habits dans lesquels elle se sent à l’aise, elle s’emmitoufle dans des grands boubous et robes encombrants qui te donnent l’impression d’être dans une fournaise. Pourquoi n’avons-nous pas le droit de porter une jolie petite robe avec de jolis motifs, qui arrive juste au niveau du genou ?
Pourquoi devons-nous porter des khartoums, des maylouss ou ces tissus qui n’ont aucune esthétique ?

La femme est enceinte, oui, mais elle n’est pas malade à ce que je sache ! Et puis, lima diakhal moy, les Sénégalaises enceintes et qui vivent à l’extérieur, elles portent ce qu’elles veulent, ne sont pas obligées de poser un foulard sur leur gros bidet.
Wa xana tiate ak lamigne mom cela n’existe pas à l’extérieur ?
Si le foulard pouvait quelque chose contre la volonté divine, est-ce que l’on compterait des avortements et fausses couches dans notre très cher pays oh combien superstitieux ?
Et ce n’est pas le pire, je te promets. Lorsque tu oses sortir avec une robe qui arrive aux genoux, cheveux au vent (khawma au soleil), tu devras faire face aux commentaires désobligeants de certaines dames dont la plupart n’ont même pas encore d’enfants : « ki mom limou sol c’est court, khana elle n’est pas enceinte » ou encore « wa yow do tegg kol, une femme enceinte doit couvrir son ventre » et enfin quand j’entre au salon « moi dé quand j’étais enceinte, je ne me tressais même pas, taloumako wone ».

Waw, toi tu n’avais pas le temps de te coiffer ni l’envie. Moi, j’ai envie de me faire belle et d’être rayonnante, chaque matin. Est-ce un péché ?
Toutes les femmes ne vivent pas la même chose durant leur grossesse : les nausées, les vertiges, la perte d’appétit ou la perte de la libido. Elles ne sont tout simplement PAS MALADES !
Pour revenir à la libido, tu entends souvent durant la grossesse « khana avec la grossesse, vous allez faire une pause sur le plan sexuel ». Pause pourquoi ? Certaines femmes comme moi ont une libido au-dessus de la normale durant la grossesse et puis où est-il écrit que durant la grossesse on doit diminuer la fréquence des rapports sexuels ? Éviter certaines positions, oui, mais ARRÊTER ! Ah eup neu.
A celles qui me le demandent, je réponds en disant : « Tey leu walo gueuneu aye, je fais l’amour tant que mon corps me le permet ».

Et ce sont les mêmes femmes qui se demandent pourquoi les hommes sont infidèles durant leur grossesse.
Yow, tu es enceinte, tu ne te fais pas belle, tu ne te maquilles pas, tu es aussi paresseuse qu’un sac de riz, comme le disent nos mamans, et tu évites les rapports sexuels. Oui, dans certains cas, la femme est totalement dans l’incapacité de faire ce que je viens de citer, mais d’autres croient tout simplement que grossesse égale maladie, démodé, forokh, neup, khassaw, khadiam.
Le Sénégalais a une curiosité et un « niakk mandou » démesurés à un point qu’il croit qu’il a le droit de se mettre à l’aise dans ton utérus pour te dire comment tu dois le gérer, non mais allo quoi ! Laissez les femmes qui le souhaitent, s’épanouir durant leur grossesse comme elles le souhaitent.