Ce 8 mars, nous ne célébrerons pas seulement les femmes, nous magnifierons aussi leur force, leur résilience et leurs combats quotidiens. Au Sénégal et partout en Afrique, cette journée doit être bien plus qu’une simple commémoration : elle est un cri du cœur, une interpellation pour un futur plus juste et inclusif.
Des avancées, mais à quel prix ?
Il serait malhonnête de nier les progrès réalisés. Depuis l’adoption de la loi sur la parité en 2010, les femmes sénégalaises ont gagné du terrain dans la sphère politique. Aujourd’hui, elles représentent environ 43% des députés à l’Assemblée nationale. Dans le monde entrepreneurial, des initiatives louables ont vu le jour pour soutenir les femmes à travers des formations et des financements spécifiques.
Au-delà de nos frontières, le Rwanda brille par sa représentation féminine au Parlement, et dans plusieurs pays africains, des campagnes contre les violences basées sur le genre s’intensifient. Mais est-ce suffisant ?

Les défis criants
La réalité est tout autre pour beaucoup de nos sœurs. Accéder à un financement pour lancer ou développer une entreprise reste un parcours du combattant. Les banques hésitent encore à faire confiance aux femmes entrepreneures, freinant ainsi leurs ambitions et leur indépendance économique.
Dans les cercles de décision, les femmes peinent à gravir les échelons. Trop souvent cantonnées à des rôles symboliques, elles restent sous-représentées dans les postes clés du pouvoir.
Et que dire de l’éducation ? Dans certaines régions rurales, les filles sont encore sacrifiées sur l’autel des mariages précoces et des traditions pesantes, hypothéquant ainsi leurs rêves et leurs perspectives d’avenir.
Quelles pistes pour une véritable autonomisation ?
Nous le savons, l’autonomisation des femmes passe par des actes concrets et courageux :
Garantir l’éducation des filles : Chaque jeune fille doit avoir accès à une éducation complète et de qualité. C’est le socle de toute autonomie future.

Faciliter l’accès aux financements : Il faut des mécanismes souples et adaptés aux réalités des femmes pour qu’elles puissent entreprendre sans entrave.
Mettre en lumière les modèles de réussite : Nos filles doivent voir et entendre parler de femmes qui réussissent, pour comprendre que tout est possible.
Briser le plafond de verre politique : La parité ne doit pas être une façade. Les partis politiques doivent encourager et soutenir activement les candidatures féminines.
Changer les mentalités : Les mentalités patriarcales ne s’effacent pas du jour au lendemain. Il faut sensibiliser, éduquer et déconstruire ces schémas dès le plus jeune âge.

En ce 8 mars, nous devons nous poser la bonne question : quelle Afrique voulons nous pour nos filles, nos sœurs, nos mères ? Une Afrique où elles resteront dans l’ombre ou une Afrique où elles brilleront, décideront et prospéreront ?
L’autonomisation des femmes n’est pas une faveur, c’est une urgence. Car un Sénégal fort, une Afrique prospère, passe inévitablement par des femmes libres et puissantes.




