Créatrice de la série Key & Zah, actrice, réalisatrice et fondatrice du festival Les Téranga, Fatou Jupiter Touré (de son vrai nom Fatou Jupiter Ndiaye) se confie dans cet entretien accordé à la page Facebook Cinéma « si tu aimes les séries Sénégalaises ». De ses débuts universitaires à son immersion dans le septième art, elle raconte son parcours, entre passion, rigueur et vision.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis actrice, réalisatrice et productrice sénégalaise. Titulaire d’une licence en anglais, d’un master en communication d’entreprise, d’un diplôme de technicienne audiovisuelle, et coach certifiée. Je suis la créatrice de la série Key&Za et fondatrice du festival de cinéma Les Téranga. Je suis également ambassadrice des Nations Unies.

Depuis quand avez-vous démarré votre carrière d’actrice ?

Tout a commencé à l’université, dans l’atelier de recherche et de pratiques théâtrales dirigé par Isseu Niang. Ensuite, j’ai intégré le Théâtre National Daniel Sorano, puis la troupe Bou Saana, avec laquelle j’ai voyagé au Brésil et en France. J’ai aussi tourné dans plusieurs publicités, des courts-métrages… Mais c’est vraiment avec la série C’est la vie que ma carrière a pris son envol.

Qu’est-ce qui vous attire dans ce métier ?

C’est le fruit d’un heureux hasard. À l’origine, je me destinais à la communication. Mais le théâtre m’a rattrapée. Et j’ai toujours été profondément inspirée par Awa Sène Sarr.

Vous êtes-vous formée au cinéma ou êtes-vous autodidacte ?

J’ai reçu une formation à l’atelier Isseu Niang, j’ai effectué plusieurs stages professionnels, et je suis diplômée en tant que technicienne audiovisuelle.

Dans quels films ou séries avez-vous joué ?

Key&Za, C’est la vie, Yello Peppe (Ghana), You Taxi, Jiggen, Golden, La Dernière Danse, Que le Père soit, une apparition dans Une si longue lettre d’Angèle Diabang… La liste continue.

Quel a été votre plus grand défi en tant qu’actrice ?

Chaque rôle est un défi, car je m’impose une exigence très forte. Mais tourner au Ghana, en anglais, dans un rôle d’enquêtrice, avec une méthode de travail totalement différente… c’était intense. Une véritable épreuve… et une étape clé dans mon évolution.

Comment vous appropriez-vous un personnage ?

Tout commence par une compréhension fine du rôle. Je fais ensuite un travail de recherche : je pense à des personnes réelles qui pourraient m’inspirer, je regarde des films similaires, j’analyse le métier, le mode de vie du personnage. Je me fais coacher, je filme mes répétitions. L’objectif : créer un personnage unique, vivant, jamais une copie.

Avez-vous un “rôle rêvé” ?

Pas vraiment. Ce qui me guide, c’est l’histoire. Si le scénario me parle, je fonce — peu importe le rôle.

Quelle lecture faites-vous du cinéma sénégalais aujourd’hui ?

Nous sommes sur une belle lancée. En moins de dix ans, la qualité technique et l’esthétique ont beaucoup progressé. Nos histoires sont puissantes. Nous sommes en train de bâtir une industrie. Bien sûr, il faudra du temps, faire des erreurs, apprendre… Mais le public est là, engagé. Il nous faut maintenant un soutien fort des autorités. Le cinéma est un outil de soft power, et nous sommes ses ambassadeurs.

Comment est née l’idée des Téranga Awards ?

Comme beaucoup de professionnels, je trouvais dommage que notre cinéma soit primé partout, sauf chez nous. Alors, avec d’autres passionnés, nous avons lancé une association pour créer Les Téranga. L’objectif : récompenser, mais surtout professionnaliser le secteur — avec des formations, de la production, et une académie.

Les Téranga Awards existent-ils toujours ?

Plus que jamais. Désormais, les Téranga auront lieu tous les deux ans.

Que faites-vous d’autre dans le cinéma ?

J’ai ma société de production et d’événementiel. Et plusieurs projets en préparation… mais je préfère garder un peu de mystère pour l’instant.

Parlez-nous de Fatou Jupiter, en dehors des plateaux.

J’adore passer du temps avec ma famille, organiser de grands repas, marcher, lire, voyager, rêver de nouveaux projets. J’ai aussi une marque lifestyle qui s’appelle Penda Naar. Mon petit jardin secret.
J’aime connecter plusieurs mondes dans un seul projet. Par exemple, dans Key&Za, j’ai voulu mettre en lumière les créateurs sénégalais : stylistes, décorateurs, artisans… On a même collaboré avec un cabinet d’architecture pour créer un concept store et un cabinet sur mesure. Le cinéma a ce pouvoir magique de faire rayonner les autres secteurs : mode, artisanat, design, architecture… C’est une dynamique que je trouve passionnante.

Comment vivez-vous votre notoriété ?

Avec simplicité. C’est une grâce.

Quel message adressez-vous aux jeunes qui veulent suivre vos pas ?

Formez-vous. Construisez un vrai plan de carrière. Soyez humbles, mais ne laissez personne écraser vos rêves. Restez professionnels, même si l’autre ne l’est pas.
Je profite de cette occasion pour remercier Mamadou Sellou Diallo et Gora Seck, mes premiers metteurs en scène. À l’atelier de théâtre, ils m’ont appris la rigueur — par l’exemple, et par leurs conseils. Ce sont leurs enseignements qui me guident encore aujourd’hui.

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.

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