Forbes 30 Under 30 est une liste annuelle publiée par le magazine Forbes et certaines de ses éditions régionales, mettant en avant des jeunes de moins de 30 ans qui se démarquent dans divers secteurs. Aux États-Unis, cette sélection reconnaît 600 entrepreneurs et leaders d’industrie, répartis en 20 catégories, avec 30 lauréats par domaine.
En 2021, Fatoumata Fall, une ancienne élève sénégalaise de l’ALA (African Leadership Academy) au Rwanda, a été distinguée dans cette prestigieuse liste pour son engagement dans la transformation du marché de l’emploi. Elle a cofondé Ralph, une agence de conseil en carrière basée aux États-Unis, aux côtés de Brian Liou. Tous deux ont été récompensés dans la catégorie « Impact social ».
Un parcours académique d’exception
Fatoumata Fall a poursuivi ses études à la prestigieuse université de Harvard, à Boston, où elle a obtenu un diplôme en mathématiques appliquées. Forte de cette formation, elle s’est rapidement imposée comme une experte dans l’accompagnement des professionnels, en particulier des femmes et des minorités sous-représentées, dans leurs négociations salariales.
Une mission : aider les talents à obtenir ce qu’ils méritent
« J’aide les gens à avoir le courage de demander ce qu’ils méritent », affirme Fatoumata Fall, cofondatrice de Ralph. Son agence accompagne les talents dans des discussions souvent complexes telles que les négociations salariales, les augmentations, les primes à la signature et bien plus encore.

« C’est ce que nous faisons au quotidien : convaincre les gens, en particulier les femmes et les minorités aux États-Unis, qu’ils ont droit aux salaires qu’ils négocient. Même si ces discussions peuvent être inconfortables et stressantes, nous sommes là pour les soutenir et les encourager à aller de l’avant. »
Grâce à Ralph, Fatoumata et Brian ont déjà aidé 150 candidats à obtenir une augmentation de salaire, pour un total cumulé de 5 millions de dollars.
Pour elle, l’enjeu dépasse largement la simple rémunération : « Cet argent ne va plus uniquement aux actionnaires, il retourne dans la communauté. Il peut servir à financer les soins d’un parent, à investir dans un projet personnel ou à soutenir une cause qui tient à cœur. Beaucoup pensent qu’ils ne méritent pas ces sommes, alors qu’en réalité, ils y ont pleinement droit. »
Lever les blocages psychologiques liés aux négociations
L’un des éléments clés du succès de Ralph réside dans la compréhension des blocages psychologiques liés aux négociations salariales. Fatoumata, diplômée de Harvard en 2014, connaît bien ces enjeux pour y avoir été confrontée elle-même.
« La négociation la plus réussie de ma carrière est celle où j’ai été accompagnée par un expert qui m’a aidée à déconstruire les croyances limitantes que j’avais intégrées à cause du conditionnement social », confie-t-elle.
C’est justement ce conditionnement que Ralph cherche à déconstruire, car il contribue, selon Fatoumata, aux inégalités salariales. « Il est vrai que certaines entreprises exercent des pressions sur les candidats, mais je dirais que 70 % du problème vient d’une peur interne, liée aux tabous et à un profond malaise autour de la question des salaires. Imaginer que la moitié de la population gagne bien moins que l’autre à cause de ces facteurs sociaux est insensé. Plus j’avance dans mon travail, plus je réalise à quel point ces blocages sont ancrés. »
Un avenir où chacun a accès à un négociateur
Pour Fatoumata, la solution à long terme est claire : permettre à chacun d’avoir accès à un représentant capable de négocier en son nom, à l’image des recruteurs qui défendent les intérêts des entreprises.
« Je crois sincèrement que notre génération peut voir cet écart salarial disparaître. Si tout le monde pouvait bénéficier d’un expert en négociation, nous pourrions régler ce problème en une vingtaine d’années. L’accès à cette expertise ferait une réelle différence. »
Un mouvement vers plus d’équité
Dans les années à venir, Ralph aspire à jouer un rôle central dans ce mouvement. L’agence veut démocratiser l’accompagnement en négociation afin que personne ne soit contraint de passer toute sa carrière à essayer de rattraper un retard salarial initial.
« Nous avons déjà réinjecté 5 millions de dollars dans la communauté. Ce chiffre ne cessera d’augmenter, renforçant ainsi le pouvoir de négociation des travailleurs. D’ici une décennie, nous espérons voir des milliers d’agents de carrière accompagner les candidats et faire évoluer les pratiques du marché du travail. »
Enfin, Fatoumata insiste sur l’importance de la confiance en soi : « Il est essentiel de se rappeler que nos compétences ont mis des années à se développer et qu’elles méritent d’être reconnues et valorisées. Si vous n’avez pas encore accès à un service comme Ralph, trouvez un mentor ou entourez-vous d’amis qui vous rappelleront votre valeur, surtout lorsque vous en avez le plus besoin. »




