Fatoumata Djaka Sow brise les tabous dans son premier roman : « Si j’avais eu le choix »

Khary Diène
By
Khary Diène
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...
3 Min Read

Labé, Guinée – À seulement 20 ans, Fatoumata Djaka Sow fait une entrée remarquée dans le monde littéraire guinéen avec un premier roman bouleversant, Si j’avais eu le choix, publié le 1er octobre 2024 aux Éditions Les Plumes Inspirées. En 57 pages denses et percutantes, l’auteure aborde de front les violences faites aux jeunes filles dans une société encore marquée par les traditions et les non-dits.

Le livre raconte l’histoire tragique de Diariane, une adolescente dont l’enfance est volée par le fils et la femme de son oncle. Victime de viol, d’exploitation, d’excision et de prostitution, Diariane devient le symbole d’un combat silencieux mené par des milliers de filles à travers l’Afrique. À travers elle, Fatoumata Djaka Sow pose un regard lucide et engagé sur les réalités que vivent de nombreuses jeunes filles, souvent abandonnées à leur sort.

Un cri du cœur contre l’injustice

Plus qu’un roman, Si j’avais eu le choix est un manifeste féministe qui dénonce les mécanismes de domination patriarcale et les violences systémiques imposées aux femmes. Avec une plume simple mais poignante, l’auteure appelle à la prise de conscience collective face à l’impunité, au silence complice et à l’absence de protection pour les plus vulnérables.

« Ce livre, c’est une manière de dire que le silence n’est plus une option », confie l’écrivaine lors d’une interview accordée à une radio communautaire de Labé.

Fatoumata Djaka Sow - Si j'avais eu le choix - Echodefem.com

Une voix jeune, une parole forte

Née en 2004 à Leyminanko, dans la région de Labé (Guinée Conackry), Fatoumata Djaka Sow incarne cette nouvelle génération d’écrivaines africaines prêtes à déconstruire les normes et à affronter les tabous. Diplômée d’un baccalauréat en Sciences Sociales, elle a commencé à écrire dès le collège, trouvant dans la littérature un refuge, mais aussi une arme pour défendre ses convictions.

« Si j’avais eu le choix » est son premier ouvrage publié, mais sûrement pas le dernier. Elle y combine son regard d’observatrice avec une sensibilité propre à celles qui écrivent pour réparer, pour guérir, et pour alerter.

Une promesse littéraire à suivre

Avec ce premier roman, Fatoumata Djaka Sow s’impose comme une voix à suivre dans le paysage littéraire guinéen et africain. Elle appartient à cette vague d’autrices conscientes, courageuses et profondément humaines, qui utilisent la fiction pour raconter le réel.

Son livre, court mais dense, mérite d’être lu, discuté et partagé dans les écoles, les familles et les cercles littéraires. Parce qu’il est temps, plus que jamais, de redonner la parole à celles qu’on a trop longtemps fait taire.

 

Share This Article
Follow:
Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *