L’ancienne Première ministre, Aminata Touré, représentante des ambassadeurs, a pris la parole lors de la Journée nationale de l’éducation des filles organisée au CICAD à Diamniadio. Elle a souligné les débuts difficiles que nombre de filles ont rencontrés au cours de leur scolarité : « Je crois que toutes les femmes qui sont ici se rappellent leurs débuts dans l’éducation. Et nous savons toutes, sans exception, ce que nous devons à l’éducation.
Sans l’éducation, je ne pense pas que nous serions là. Mais ce n’a pas toujours été un parcours facile pour aucune d’entre nous, aucune, depuis l’école primaire, où nous avons fait beaucoup de progrès, c’est vrai. Mais il faut se rappeler également qu’aller à l’école pour une fille, il y a peut-être deux décennies, n’était absolument pas évident. »
Cependant, même si aller à l’école était un véritable combat pour les filles, il n’en demeure pas moins que poursuivre leurs études était tout aussi périlleux : « Y rester était encore moins évident pour des raisons qui existent jusqu’à présent. Et parfois, des raisons évidemment liées à nos contraintes socio-culturelles, des raisons liées aux ressources, où l’on choisit certainement de favoriser l’éducation des garçons lorsque les ressources sont une contrainte. Mais souvent, juste aussi pour des raisons simples que les hommes ne voient pas toujours, mais qui sont évidentes. L’absence tout simplement de toilettes, parfois.
L’absence de garnitures hygiéniques pendant la période de menstruation, des contraintes que les hommes ne perçoivent pas comme telles, mais qui représentent de véritables obstacles, évitant ainsi que nos filles ne ratent une semaine par mois à l’école, avec un impact évidemment sur leurs chances de réussite. C’est pour cela que, sans hésitation, nous avons accepté d’être ambassadrice, mais en compagnie de toutes ces dames avec qui j’étais au podium. Et je parle évidemment au nom de chacune d’elles, qui, dans nos parcours de vie, savons que même si nos constitutions consacrent l’égalité de genre, même si nos religions nous disent qu’il faut aller chercher le savoir jusqu’en Chine, c’est un combat très dur que nous avons toutes mené individuellement. D’abord, pour rester à l’école. Et je crois que le combat aujourd’hui, c’est comment maintenir nos filles à l’école et comment différer cet événement fondamental pour nos vies qu’est le mariage. »
Pour illustrer ses propos, Mme Touré s’appuie sur un article paru récemment dans la presse et s’engage à soutenir les filles : « Je lisais dans la presse récemment l’histoire d’une fille victime d’un mariage forcé qui s’est suicidée. C’est une situation extrême, mais beaucoup de jeunes filles, brillantissimes, quittent malheureusement l’école pour se marier. C’est pour cela que nous avons besoin de cette éducation inclusive, à laquelle Monsieur le ministre faisait référence dans la vidéo, pour que toute la société s’engage derrière les filles.
Parce que n’oublions pas que la moitié du ciel est faite de filles et de femmes. La moitié de ce pays, ce sont des citoyennes qui ont besoin d’être accompagnées. Et encore une fois, dans le combat que nous menons pour un Sénégal juste et prospère, pour atteindre nos objectifs, il nous faut également soutenir la moitié de la population, constituée de ces filles qui, aujourd’hui, à travers cette campagne, espèrent avoir toute l’attention.
En tout cas, nous nous engageons, chacune d’entre nous, à donner de notre temps, mais surtout à partager nos expériences et également à soutenir individuellement des filles. Parce que je crois qu’au-delà des discours, c’est de cela qu’il va s’agir : comment pouvons-nous soutenir, chacune d’entre nous, les écoles, nos écoles d’origine, là où nous sommes passées, nos écoles primaires, mais également accompagner Monsieur le ministre, que nous félicitons pour son engagement en faisant partie de cette campagne L’Afrique éduque ses filles. »
Aminata Touré se félicite des progrès réalisés, en donnant des exemples de filles devenues des figures incontournables dans le développement du Sénégal et de l’Afrique : « Je pense que nous pouvons prendre le pari de l’éducation des filles en saluant les progrès. Elles sont très intelligentes, puisqu’elles sont premières à l’entrée en 6è, au BFEM, au BAC et, comme me disait le professeur Ndiore Ndiaye, à l’agrégation, il y avait également une majorité de dames. Donc, vive les filles ! » conclut Mme Touré.





































































