Coumba Ndoye ou Coumba Diagata : La mère de Seydina Limamou Thiaw Lahi

Khary Diène
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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...
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Mame Coumba Ndoye (1810-1883) était une érudite pieuse et généreuse, mère de Seydina Limamou Lahi, incarnant la Téranga sénégalaise par sa bienveillance et son dévouement.

Tout commença en 1810. Le couple Mbaye Birame Ndoye et Ndèye Coumba Thiaw donna naissance à une fille à Ngaparou, dans le vieux Yoff : Mame Coumba Ndoye. Celle qui allait devenir la mère de Seydina Limamou. Elle connaissait parfaitement la vie de la mère du fondateur de la communauté Layenne, qui appela les humains et les djinns à répondre à l’appel de Dieu : « Adjibo Dahya-Lay ! » Mame Coumba Ndoye maîtrisa le Saint Coran à l’âge de six ans.

Elle était une grande érudite.

La jeune Mame Coumba Ndoye se distinguait par son non-conformisme face aux rites et autres cultes païens de la communauté léboue. « Cette jeune fille, qui faisait partie des « Khagaane », l’une des douze « khett » (tribus) de Yoff, était d’une piété extraordinaire. Elle ne participait pas au « Ndeup » ni à quelque festivité que ce soit. Quand les autres enlevaient leurs habits pour se baigner à la plage, Mame Coumba Ndoye, elle, restait toujours couverte. Elle prenait son bain avec ses vêtement.»

Pour venir au monde, Limamou Lahi devait naître d’une femme irréprochable, d’une croyante dont les vertus faisaient l’unanimité, d’une femme pure. Pendant longtemps, selon les fidèles Layènes, il a séjourné à Yoff à la recherche de celle qui le porterait dans son ventre. On raconte qu’il la trouva en la personne de Mame Coumba Ndoye… des années-lumière plus tard.

Lorsque Mame Coumba Ndoye tomba enceinte de Limamou Lahi, elle ne ressentit jamais la moindre douleur, même lors de l’accouchement. Selon eux, Limamou Lahi ne s’était pas trompé en portant son choix sur cette femme de Yoff, qui sut relever le défi.

La Téranga sénégalaise trouve ses origines dans la générosité légendaire de Mame Coumba Ndoye. Elle l’incarnait mieux que quiconque. Chaque jour, elle préparait douze « Mbana » (grosses marmites) de repas qu’elle distribuait sans distinction. Lorsqu’il y avait moins de monde, elle envoyait Mame Limamou Lahi parcourir plus d’un kilomètre pour chercher des personnes avec qui partager le repas. Le voisinage ne cuisinait pas. Même les animaux avaient leur part. C’est ainsi qu’elle fut surnommée Coumba « Diagata », ce qui signifie « Coumba qui s’affaire autour du repas pour servir tout le monde ».

En wolof, pour remercier une femme, on dit : « Waaw Coumba ». Elle était le trait d’union entre les femmes de la communauté et leurs maris. Une vraie croyante, fervente, juste dans tous ses actes et paroles, elle accompagnait Limamou dans ses actions de bienfaisance. C’est dans cette atmosphère que Limamou grandit, jusqu’au décès de sa mère, survenu trois jours avant son propre rappel à Dieu, le 27 du mois lunaire de Rajab.

Après les funérailles, organisées le jour même, le Saint Maître Limamou Lahi s’imposa un isolement total. Il s’abstint de manger et de boire, et ne parla à personne, au point que ses proches lui reprochèrent son silence :  « Comment un homme aussi croyant et soumis à Dieu que toi peut-il abandonner toute nourriture à cause du décès de sa mère ? »

Il ne répondit pas et resta silencieux durant trois jours : jeudi, vendredi et samedi.

La nouvelle lune du mois de Barakhlou (Chahbâne, en arabe) apparut le samedi soir. Le lendemain, dimanche, il recommença à parler et ne cessait de répéter : « La ilaha illa Allah » (« Il n’y a de Dieu que Dieu »).

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