Je vais vous dire quelque chose qui me brûle les lèvres depuis longtemps.
Chaque année, le Grand Magal de Touba, c’est ce moment où des millions de cœurs se tournent vers Dieu. Ce n’est pas juste une date dans le calendrier : c’est une vague de foi, de recueillement, de chants religieux et de gratitude envers Cheikh Ahmadou Bamba.
Et pourtant… il suffit d’allumer certaines chaînes ou de scroller quelques pages pour avoir l’impression d’assister… à un festival de variétés. Les caméras ? Elles ne se posent pas là où résonnent les khasida, mais là où brillent les paillettes. On scrute les tenues des chanteurs, on décortique les selfies des vedettes, on traque l’anecdote croustillante comme si le Magal était une soirée mondaine.
Dites-moi… depuis quand le recueillement se mesure au nombre de flashs ? Depuis quand la foi se raconte en buzz et en potins ?
Le Magal, ce n’est pas la vitrine d’ego surdimensionnés. Ce n’est pas l’espace promotionnel des stars d’un soir. C’est une commémoration. Une offrande spirituelle. Une mémoire vivante d’un exil héroïque. Le dénaturer, c’est trahir non seulement l’héritage de Serigne Touba, mais aussi la profondeur de l’engagement des millions de fidèles qui viennent avec un seul but : se rapprocher de Dieu.
Je ne suis pas naïve : je sais que les médias aiment ce qui “fait cliquer”. Mais il y a des moments où il faut mettre le sensationnel en veilleuse et rallumer la lampe du respect. Les caméras devraient capter les récitations du Saint Coran, donner la parole aux guides religieux, partager la ferveur des prières… pas le dernier ragot backstage.
Alors oui, j’ose le dire : arrêtons de polluer le Magal avec des images qui n’ont rien à voir avec son essence. Parce que le Magal appartient à Dieu, à Serigne Touba, et à ceux qui marchent pour la foi. Pas à ceux qui viennent pour la gloire personnelle.
Et vous, chers médias, souvenez-vous : on peut faire de l’audience… sans trahir l’âme d’un peuple.





































































