Birame Souleye Diop, ministre de l’Énergie : « La désinformation dans les industries extractives est un danger réel »

Khary Diène
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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un...
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Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a présidé un séminaire de deux jours à Somone, destiné aux journalistes spécialisés dans les industries extractives. Cette rencontre visait à partager des informations et renforcer les capacités des professionnels des médias sur les enjeux du secteur.

Interpellé sur la disponibilité des personnes ressources et l’accès aux données, le ministre a rappelé que la transparence constitue la pierre angulaire de son action :

« L’exploitation des hydrocarbures, la richesse de notre sous-sol et notre potentiel en énergies renouvelables nous placent devant une immense opportunité. Mais cette richesse naturelle ne vaut que par la manière dont elle est gouvernée. Car si les ressources sont un don, la bonne gouvernance, elle, est un choix. Et ce choix, nous l’avons fait : celui de la transparence, de la responsabilité et du dialogue citoyen. »

Reconnaissant les attentes élevées de la population, il a insisté sur le rôle central de la presse : « Vous êtes les relais de l’information, mais aussi les vigies de l’intérêt public. Vous questionnez, vous alertez, vous proposez. Votre engagement est un pilier essentiel de notre politique de gouvernance ouverte. »

Des efforts concrets salués

Le ministre a rappelé que le Sénégal s’inscrit depuis plusieurs années dans une dynamique vertueuse : adhésion à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) ; une publication systématique des contrats pétroliers et miniers ; l’accessibilité des rapports sur les revenus issus des ressources naturelles. Il a également mis en avant les réformes structurelles en cours :

« Le fonds intergénérationnel, inscrit dans la loi, garantit que les ressources d’aujourd’hui bénéficieront aussi aux générations futures. Nous renforçons les capacités des institutions de contrôle, favorisons l’implication citoyenne et avons ordonné la révision des contrats pour tirer un meilleur profit de nos ressources. »

Une transparence vivante et vérifiable

Pour le ministre, la transparence doit être « une pratique vivante, vérifiable et perfectible. Cette rencontre est précieuse, car elle nous pousse à aller plus loin. Mais nous ne sommes pas le Messie. Cette histoire s’écrira avec vous, journalistes, car vous en êtes les garants. »

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à travailler en synergie avec les journalistes, la société civile et tous les acteurs concernés, conformément aux orientations du président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et du Premier ministre Ousmane Sonko.

Contre la désinformation : l’appel à la rigueur

Face à la prolifération des fake news, notamment dans le secteur extractif, le ministre a lancé une alerte :

« La désinformation dans un domaine aussi stratégique que les industries extractives est un danger réel. Elle peut nuire à notre image, compromettre nos partenariats économiques et alimenter une défiance injustifiée. »

Il appelle les journalistes à plus de responsabilité et de professionnalisme :

« Vous êtes les garants d’une information juste, éclairée et constructive. Vous avez fait le bon choix : celui du journalisme de vérité, de rigueur et de responsabilité. »

Une presse spécialisée, clé de la souveraineté économique

Le ministre a insisté sur la nécessité d’une spécialisation accrue dans les secteurs de l’énergie, du pétrole et des mines :

« Ces domaines complexes et stratégiques exigent une analyse rigoureuse, fondée sur des données vérifiées. C’est ainsi que nous pourrons bâtir un dialogue responsable et éclairer le débat public. »

Il conclut par un message fort :

« Vous avez refusé le piège du buzz à tout prix. En retour, nous vous offrons la transparence. »

Enfin, Birame Souleye Diop a évoqué le manque de ressources humaines qualifiées dans le secteur et annoncé la tenue d’un atelier d’évaluation en juin prochain, visant à revisiter les codes qui régissent le secteur minier, pétrolier et gazier.

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Dénoncer les abus de pouvoir, s’investir dans des campagnes pour la justice climatique, lutter contre la pauvreté ou la promotion de l'égalité des genres, jouer un rôle actif dans la transformation positive de la société sénégalaise, tout en respectant les normes professionnelles du Journalisme.
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