Cofondateur et président chargé des affaires techniques et politiques de l’Alliance Panafricaine pour la Justice Climatique, Augustine Njamshi a participé à l’atelier sur la restitution de la COP29 à Dakar. Cette rencontre a été l’occasion pour ce membre de la société civile africaine de dénoncer les échecs constatés lors de cette COP tout en invitant les pays africains à s’unir.
« Les résultats de Bakou sont mitigés parce qu’on a obtenu certains acquis positifs pour l’Afrique, mais, en même temps, nous avons été déçus par certains points. Les détails de ces résultats seront présentés lors de l’atelier. Cependant, nous ne sommes pas ici uniquement pour restituer les résultats de la COP29, mais également pour lancer une consultation générale en Afrique afin d’établir une position commune. On peut prendre exemple sur ce qui s’est passé en 2009 à Copenhague, lorsque l’Afrique a surpris le monde avec une position commune. Ce fut la première fois que les sociétés civiles et les dirigeants africains partageaient une vision unanime, ce qui a créé un impact considérable. Malheureusement, depuis 2009, cette unité a été diluée par des intérêts étatiques ou nationalistes. Nous pensons qu’il est crucial que l’esprit panafricaniste revienne afin de renforcer notre position ».
Augustine Njamshi considère que cette rencontre à Dakar constitue une référence. Cependant, il se montre pessimiste pour la prochaine COP et prévient : « Vous voyez, la COP30, qui aura lieu à Belém, au Brésil, sera un tournant crucial dans les négociations. Ce sera le moment de demander des comptes à la communauté internationale, notamment aux pays développés : où en sommes-nous ? Les trois conventions ont été signées à Rio en 1992. Nous allons évaluer les engagements pris et tenir les responsables comptables des promesses non tenues. À mon avis, la COP à Belém doit être celle du peuple. Le peuple africain doit préparer une position commune qui inspirera le reste du monde, surtout les pays en développement. Je tiens à remercier le Sénégal. Ce qui s’est passé à Dakar devrait servir d’exemple pour d’autres pays afin de poursuivre cette dynamique d’unité. Je remercie également le camarade Barry, le consortium ACG et tous les autres participants ».
Interrogé sur le financement de la lutte contre le réchauffement climatique, Augustine Njamshi est clair : « Depuis 2023, certains dirigeants africains ont été amenés à penser que demander des financements pour l’adaptation au changement climatique revient à mendier. C’est une idée fausse. Nous sommes un peuple résilient, en lutte constante. Nous ne sommes pas là pour pleurer ou susciter la sympathie. Quand votre maison est incendiée par quelqu’un d’autre, vous ne demandez pas une faveur, vous réclamez vos droits. Ainsi, l’Afrique ne mendie pas, mais exige une justice climatique. Malheureusement, certains ont réussi à convaincre les autres que demander des dons au lieu de prêts, souvent à des taux d’intérêt élevés, est une faveur. Non, ce n’est pas juste. Cela constitue une injustice climatique. C’est pourquoi nous affirmons qu’il faut que l’Afrique reste unie, comme en 2009, pour faire avancer les choses ».




